Quels sont les besoins du marché ?
Les industries de la santé animale s’engagent fortement dans la Recherche
8 à 12 ans sont nécessaires pour le développement d’un médicament vétérinaire
les médicaments vétérinaires sont soumis à une autorisation de mise sur le marché
De nombreux contrôles pour une production encadrée et évaluée
Communication et publicité – Distribution – Prescription et traçabilité des médicaments vétérinaires
Surveiller les effets indésirables grâce à la pharmacovigilance

Le développement préclinique

Le développement préclinique

 

Comme pour le développement d’un médicament pour l’homme, le développement du médicament vétérinaire comporte plusieurs étapes. Pour le médicament vétérinaire, après les phases de découverte, on distingue deux principales phases :

  • le développement préclinique,
  • le développpement clinique.

Le développement préclinique a entre autre pour objectif de définir l’activité pharmacologique, pharmacocinétique et toxicologique. Ces études sont constitutives d’une partie du dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du futur médicament, elles répondent à des normes de qualité scientifique et sont étroitement évaluées par les autorités avant de délivrer l’AMM.

Le développement galénique

Le développement préclinique comprend une première étape correspondant au développement galénique. Cette étape consiste à mettre au point la formulation du produit c’est-à-dire la « recette » du médicament :

  • ses constituants (principe actifs, excipients),
  • la méthode de fabrication du produit (comment les mélange-t-on, dans quel ordre, pendant combien de temps, dans quelles conditions).

Cette étape dépend de la forme galénique retenue (comprimé, soluté, pâte, crème, pommade, solution injectable, etc) qui aura été choisie selon divers critères (espèces animale pour laquelle le médicament est développé, facilité d’administration, caractéristiques physicochimiques du principe actif, stabilité de ce principe actif dans la forme galénique, etc). Avant de déterminer la formulation finale, des essais conduiront à la mise au point de plusieurs pre-formulations qui seront étudiées pour ne retenir à la fin que celle qui présente les meilleures caractéristiques.

Parmi ces études, certaines permettent de déterminer la stabilité du principe actif dans la forme galénique et ainsi de définir la date de péremption qui devra être portée sur les boîtes des produits lorsque celui-ci sera commercialisé.

Grâce au développement galénique, une même molécule peut être commercialisée sous plusieurs présentations, par exemple :

  • pâtes orales conditionnées dans des seringues graduées en fonction du poids de l’animal,
  • micro-comprimés pour le chat,
  • applicateurs intra mammaires pour le traitement des infections de la mamelle des vaches,
  • Spot-On (solution à appliquer sur la ligne du dos et capable de pénétrer au sein du corps de l’animal ou de diffuser sur la peau ou dans son pelage)...

Lorsque la molécule est incorporée dans une forme galénique, il est impératif de vérifier à ce que ses propriétés pharmacologiques s’expriment toujours chez l’animal pour lequel on développe le médicament (appelé « animal de destination ») et que l’innocuité et la tolérance du produit sont également garanties.

En effet, la forme galénique du médicament peut influer sur la façon dont les propriétés du principe actif vont s’exprimer : on peut ainsi prolonger la durée d’un effet avec des formulations dites « retard », ce qui permettra de diminuer le nombre d’administrations ou encore de limiter un effet indésirable du médicament.

 

Les études de pharmacodynamie

Les études de pharmacodynamie ont pour objectif de valider le mécanisme d‘action et de mesurer l’activité de la molécule in vitro et in vivo dans des modèles expérimentaux de la maladie.

Lors de modèles in vivo, les mesures de l’activité de la molécule se font le plus souvent grâce à des analyses sanguines ou urinaires d’un ou plusieurs paramètres (appelés « marqueurs ») spécifiquement représentatifs de la maladie. Sous l’action du principe actif, la concentration de ces marqueurs diminue pour arriver à un niveau physiologique normal d’un animal en bonne santé.

 
Les études de pharmacocinétique

Les études de pharmacocinétique permettent de décrire le comportement et le devenir du composé dans un organisme vivant. Il s’agit de modéliser son absorption, sa distribution dans l’organisme et son métabolisme.

Les études de pharmacocinétique permettent par exemple de déterminer pendant combien de temps la concentration du principe actif est maintenue à un niveau efficace dans la circulation sanguine de l’animal. Ce sont de telles études qui permettent de déterminer la posologie qui sera indiquée sur les notices d’emploi.

Ces études doivent être impérativement conduites chez l’animal car l’absorption d’un principe actif, sa distribution dans l’organisme, son métabolisme (c’est à dire comment l’organisme procède à sa transformation) et enfin son élimination après administration résulte d’interactions très complexes entre les nombreux organes d’un animal (foie, rein, système digestif, appareil circulatoire etc). Des études in vitro permettent d’anticiper certains des paramètres pharmacocinétiques du produit et ainsi réduire le recours à l’animal, mais ne peuvent remplacer la complexité d’un organisme vivant et des études chez l’animal. Elles sont donc nécessaires à la fois pour des raisons scientifiques et réglementaires.

 

Les études de toxicologie

Les études de toxicologie visent quant à elles à établir quels sont les organes cibles et les doses toxiques de la molécule pour un organisme vivant.

 

Les essais d’innocuité et les études de résidus

Pendant la phase de développement préclinique, des essais d’innocuité et des études de résidus sont également réalisés chez l’animal de l’espèce qui en bénéficiera lorsqu’il sera commercialisé. Les études d’innocuité et de tolérance sont nécessaires pour garantir la sécurité de l’utilisateur.

Les essais d’innocuité ont pour objectif de mettre en évidence :

  • L’éventuelle toxicité du médicament dans les conditions normales d’emploi chez l’animal,
  • Les éventuels effets indésirables sur l’homme associé aux résidus du médicament dans les denrées alimentaires provenant des animaux traités,
  • Les dangers pour l’homme associés à une exposition au médicament,
  • Les risques éventuels auxquels l’emploi du médicament expose l’environnement.

Ces informations sont disponibles dans la rubrique « effets secondaires » de la notice d’utilisation.

Enfin dans le cadre du développement préclinique, lorsque le médicament est destiné à des animaux qui produisent des denrées alimentaires d’origine animale (lait, œuf, viande), des études de résidus doivent être effectuées. Les études de résidus permettent de déterminer les temps d’attente à respecter. Il s'agit du temps qu’un éleveur devra impérativement respecter entre le dernier traitement administré à un animal de son élevage et le moment où il pourra réintroduire l’animal dans le cycle de production des aliments.

La concentration en principe actif qui ne présente aucun risque pour le consommateur est également déterminée (dite LMR ou Limite Maximale de Résidus, plus d’informations sur les LMR sur le site de l’Anses). Lorsque cette concentration passe en dessous de la valeur déterminée, le laps de temps écoulé depuis l’administration du médicament défini le temps d’attente. La LMR et le temps d’attente sont établis avec de nombreux facteurs de sécurité et sur la base de nombreuses données évaluées statistiquement pour prendre en compte les possibles variations et apporter aux consommateurs toutes les garanties nécessaires.

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