Quels sont les besoins du marché ?
Les industries de la santé animale s’engagent fortement dans la Recherche
8 à 12 ans sont nécessaires pour le développement d’un médicament vétérinaire
les médicaments vétérinaires sont soumis à une autorisation de mise sur le marché
De nombreux contrôles pour une production encadrée et évaluée
Communication et publicité – Distribution – Prescription et traçabilité des médicaments vétérinaires
Surveiller les effets indésirables grâce à la pharmacovigilance

Sécurité pour l’environnement

Sécurité pour l’environnement

 

Du concept d’écotoxicité aux restrictions d’usage

 

Depuis 1992, une évaluation de la sécurité pour l’environnement des médicaments vétérinaires est requise, et avec quand cela s’avère nécessaire, des précautions pour réduire l'exposition de l'environnement.

L’écotoxicité des médicaments vétérinaires est prise en compte depuis 1992 dans l’octroi de leurs autorisations de mise sur le marché (AMM). En presque trente ans, les exigences se sont renforcées et sont devenues internationales. En productions animales, plus aucun nouveau médicament n’est autorisé sans une évaluation de son impact sur l’environnement.

 

Comment diminuer l’exposition de l’environnement

Si cela s’avère nécessaire, des mesures sont prises pour limiter les rejets dans l’environnement en imposant des restrictions d’usage du médicament, des restrictions d’épandage (pas plus d’un épandage tous les deux ans sur une parcelle), des précautions d’emploi comme en tenant les animaux éloignés des cours d’eau. Ces mesures figurent dans les RCP (résumés des caractéristiques des produits) ainsi que dans les notices et sur les étiquetages des médicaments.

En cas de risque grave pour l’environnement, l’AMM est refusée ou retirée.

Sur le terrain, les effets du médicament vétérinaire sur l’environnement sont inclus dans la pharmacovigilance. En outre, l’impact pour l’environnement a pu être réévalué par les autorités compétentes lors du renouvellement des autorisations de mise sur le marché (AMM). Elle peut aussi l’être à l’occasion de l’arrivée d’un générique ou d’une extension d’indication, ou à toute étape de la vie du médicament vétérinaire lorsqu’un risque potentiel est identifié.

 

Les exigences environnementales ont un coût

La sécurité pour l’environnement est aujourd'hui un prérequis pour la mise sur le marché de toute nouvelle molécule. Ces exigences qui ne font que s’accroître ont un coût de plus en plus élevé pour l’industriel, jusqu’à plusieurs millions d’euros. Ce coût, lorsqu'il apparaît à l’évidence démesuré par rapport à la taille des marchés de la santé animale, peut malheureusement conduire à l’abandon de projets sans que cela préjuge d’une toxicité défavorable pour l’environnement.

 

Références

Sur le site de l'Académie Vétérinaire de France. Médicaments vétérinaires et sécurité de l'environnement. Voir ce lien.

 

Evaluer l’exposition dans les sols avant la toxicité

Si les concentrations prévisibles dans le sol dépassent 100 ppb (l’équivalent d’un demi-sucre, 4 g, qui serait dilué dans la cargaison d’un gros camion de 40 tonnes), une nouvelle batterie d’études d’écotoxicité est nécessaire.

 

Organisation de l’évaluation de l’impact sur l’environnement

L’évaluation de l’impact de l’environnement comprend deux phases, une première étape pour estimer l’exposition, puis une seconde avec les études d’écotoxicité sur de nombres modèles expérimentaux.

 

L’évaluation du risque pour l’environnement est désormais bien décrite dans des lignes directrices. Elle se fait en deux phases.

 

La première phase (phase I) consiste à évaluer les scénarios d’exposition de l’environnement en fonction de son usage attendu. Puis si les concentrations prévisibles dans le sol, appelées PEC, sont supérieures à 0,1 mg/kg (ou 100 ppb), la seconde phase est enclenchée. Des études d’écotoxicité sont réalisées sur le devenir des principes actifs dans le sol et dans les eaux et sur leurs effets sur la faune, la flore et les micro-organismes présents. Elles permettent d’identifier et de caractériser un éventuel danger pour l’environnement.

 

Les antiparasitaires et les traitements collectifs

Les médicaments inoffensifs pour l’environnement comme les électrolytes, les peptides, les protéines ou les vitamines sont exclus de la phase I. De même, les quantités utilisées de médicaments destinés aux seuls animaux de compagnie sont trop faibles pour être susceptibles d’être dangereuses, sauf si le profil fait suspecter un risque pour l’environnement, notamment pour les antiparasitaires externes.

Dans le même esprit, pour les antiparasitaires des animaux de rente, potentiellement toxiques pour les invertébrés présents dans les pâtures, les études d’écotoxicité de la phase II sont d’emblée exigées.

 

Une étude de phase I est estimée à 10 000 euros. Le coût des études de phase II est beaucoup plus élevé : entre 500 000 et plus d’un million d’euros pour une seule substance active.

 

Les études d’écotoxicité aussi diverses que la biodiversité

 

Dans les études de phase II, les concentrations retrouvées dans l’environnement, le sol ou les eaux de surface, sont comparées aux doses toxiques pour les plantes et les animaux terrestres ou aquatiques.

 

Les études d’écotoxicité de la phase II visent à évaluer les doses sans effet toxique pour les plantes terrestres (surtout celles cultivées dans les champs où sont épandus les lisiers) ou aquatiques, ainsi que pour de nombreux animaux terrestres, comme le lombric, ou aquatiques, comme la truite ou les daphnies.

 

Pour les médicaments susceptibles d’être présents dans l’environnement dans des concentrations supérieures à 100 mcg/kg (100 ppb), les études d’écotoxicité approfondies, dites de phase II, sont entreprises. Elles diffèrent selon que le médicament est destiné à l’aquaculture, aux élevages intensifs (sans pâture mais avec un épandage des lisiers) ou aux élevages extensifs pour les herbivores élevés en pâture. S’il s’agit d’un médicament destiné aux bovins, il est étudié à la fois pour son impact dans les lisiers et fumiers, lors de son utilisation chez les veaux de boucherie et les ateliers d’engraissement des taurillons élevés dans des bâtiments, et pour son impact direct sur les pâtures lors de son utilisation en élevage extensif.

Les études de phase II sont conduites sur les principes actifs du médicament et sur leurs métabolites actifs s’ils représentent 10 % ou plus de la dose administrée.

 

Les concentrations sans impact prévisible

 

Les études à réaliser pour caractériser la toxicité du médicament sur la faune et la flore sont nombreuses du fait de la diversité des espèces présentent dans l’environnement. Une première série d’études permet de définir les concentrations létales pour 50 % (LC50) des espèces dites « marqueurs » (représentatives de l’ensemble des autres espèces animales ou végétales), les concentrations ayant un effet sur 50 % de la population étudiée (EC50) et celles n’ayant plus aucun effet indésirable sur ces espèces (NOEC pour « no observed effect concentration »). Des facteurs de sécurité allant de 10 à 1000 sont ajoutés pour tenir d’éventuelles variabilités dans la sensibilité intra et interespèces par rapport aux échantillons des espèces marqueurs.

Ces données permettent de calculer les concentrations prévisibles sans effet dans l’environnement ou PNEC (predicted non effect concentrations).

Les PNEC sont donc définies comme les concentrations sans aucun impact prévisible pour les écosystèmes. Les PNEC sont comparés aux PEC, les concentrations prévisibles dans les différents compartiments de l’environnement après traitement : le sol, les eaux de surface et les eaux souterraines.

Le risque justifie parfois des restrictions

Si les concentrations prévisibles (PEC) sont inférieures aux concentrations sans effet (PNEC), les études de phase II ne sont pas poursuivies.

Si, à l’inverse, les PEC sont supérieures ou égales aux PNEC pour une seule des espèces animales ou végétales étudiées, des études complémentaires d’écotoxicité sont réalisées pour mieux caractériser le danger.

Ces informations permettent, si nécessaire, de prendre des mesures de gestion du risque pour limiter l’exposition de l’environnement ou de certains compartiments comme les eaux de surface.

 

Références

Sur le site de l’Agence européenne du médicament, lignes directrices internationales (en anglais) sur l’évaluation du risque pour l’environnement des médicaments vétérinaires.

 

 

Pas ou peu de résidus de médicaments vétérinaires dans l’eau

Les premières évaluations de la contamination de l’eau potable ne mettent pas en évidence une contamination préoccupante par les médicaments vétérinaires.

 

80 % des Français ont confiance dans la qualité de l’eau du robinet selon les enquêtes d’opinions annuelles TNS-Sofres commandées par le centre d’information sur l’eau (voir ce lien)

 

Un bilan sur la présence de résidus de médicaments dans les eaux a été publié par le laboratoire d’hydrologie de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses-Nancy). Il porte sur 285 échantillons représentatifs des eaux souterraines et superficielles de la France métropolitaine.

 

Des teneurs rares, infinitésimales ou non quantifiables

Il révèle que de nombreuses eaux brutes sont contaminées à des niveaux très faibles par des médicaments humains, mais pas ou très peu par des médicaments vétérinaires. Les niveaux de contamination dans les eaux de surfaces ou souterraines apparaissent si faibles, que souvent, si des traces détectées, elles ne sont pas quantifiables. Et pour les deux seules molécules quantifiables, ces teneurs sont mille à un million de fois inférieures aux doses thérapeutiques. Le danger de telles teneurs infinitésimales apparaît devoir être écarté pour le buveur d’eau du robinet. D’autant que le traitement de potabilisation élimine jusqu’à 90 % de ces contaminants. Le rapport de l’Anses souligne d’ailleurs, qu’à ce jour, les résidus retrouvés dans l’eau, plus fréquemment des médicaments humains, ne doivent pas être considérés comme dangereux pour le buveur d’eau du robinet.

 

La première étape d’un plan d’évaluation

En outre, la plupart des médicaments ne peuvent pas être retrouvés dans les eaux potables pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’ils ne sont pas solubles dans l’eau. Ensuite, ceux qui sont solubles dans l’eau sont aussi le plus souvent ceux qui se dégradent rapidement en composés inactifs. Ils disparaissent en quelques heures ou quelques jours dans les eaux souterraines ou profondes. Les composés à la fois hydrosolubles et stables plusieurs semaines ou mois, dans l’eau, sont rares. De ce fait, l’exposition est nécessairement faible et limitée à quelques cas particuliers. Dans le cadre des dossiers d’AMM, ces molécules sont identifiées. Et, si nécessaire, des précautions d’emploi sont prises pour limiter la contamination des eaux de surface.

 

Cette étude de l’Anses du Grenelle de l’Environnement. Elle fait désormais partie du Plan national de résidus de médicaments dans l’eau (PNRM). Ce plan est destiné à identifier les risques pour l’Homme et pour l’environnement des résidus de médicaments présents dans l’eau. La première étape de ce plan était donc d’évaluer l’exposition. Son bilan est rassurant pour les médicaments vétérinaires.

 

L’ensemble de la réglementation autour du médicament vétérinaire permet d’assurer la sécurité du consommateur tout en préservant l’environnement.

 

Référence.

Le rapport de l’Anses peut être téléchargé à partir du lien suivant :

Rapport Anses « campagne d'occurrence des résidus de médicaments dans les eaux destinées à la consommation humaine »

 

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